Ce texte est tiré du numéro de juillet 2026 de Lignes d’Attac, le journal trimestriel de l’association, disponible en adhérant ou en s’abonnant.
Le pluralisme est en danger, alors que même l’audio-visuel public – dont le financement est menacé par les projets de privatisation de la droite et de l’extrême-droite, comme c’est également le cas au niveau européen – semble s’aligner sur le modèle des médias dominants privés, marginalisant les paroles critiques, hétérodoxes ou simplement de gauche.
Sans ressources stables et diversifiées, les rédactions peinent à préserver leur indépendance éditoriale. Les journalistes sont contraints de combiner plusieurs activités ou d’abandonner leur métier, au détriment des enquêtes longues et coûteuses, du rôle de contre-pouvoir et de leur capacité à se défendre face aux procédures-bâillons ou aux poursuites en diffamation. Les difficultés de financement constituent ainsi un frein majeur, comme l’a montré le cas du Média, dont les ambitions audiovisuelles nationales ont été limitées par un capital insuffisant.
Au-delà des réformes législatives possibles (limitation de la concentration, transparence de l’actionnariat, gouvernance démocratique des médias), ces enjeux étaient au cœur de la première édition du Festival des médias indépendants, organisée à Rennes les 11 et 12 avril 2026 par le Fonds pour une presse libre. L’événement a réuni une cinquantaine de médias, plusieurs associations de défense de la liberté de la presse et 3 500 participants.
La publicité constitue rarement une solution pour les médias indépendants et de gauche, souvent peu diffusés et soucieux de préserver leur liberté éditoriale. Les aides publiques et dispositifs fiscaux existent mais diminuent et profitent principalement aux grands groupes de presse (Le Figaro comme l’Humanité). Certains plaident pour un meilleur accès à ces financements, notamment via la…
Auteur: Sophie Anmuth
