L’ex-présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a récemment demandé aux États-Unis de privilégier les livraisons d’armes à l’Ukraine plutôt qu’à son propre pays. Une défaite de Kiev encouragerait, selon elle, une invasion de Taïwan par la Chine. Or une telle offensive ne serait pas sans risque pour Pékin. Analyse des scénarios possibles à l’heure où la menace d’une attaque chinoise s’intensifie.
À différentes occasions, le président Xi Jinping a mis en garde contre toute ingérence dans les affaires intérieures de la Chine, y compris Taïwan qui, du point de vue de la RPC, n’est qu’une île rebelle vouée à être récupérée tôt ou tard, y compris, si nécessaire, par la force. Dans ce contexte, le président chinois a, à plusieurs reprises, demandé aux forces armées d’accroître leur préparation à la guerre afin de pouvoir l’emporter « contre n’importe quel adversaire ».
En novembre 2022, lors d’une conversation téléphonique avec Joe Biden, Xi avait par ailleurs indiqué que la question de Taïwan était au cœur des intérêts chinois et constituait pour les autres puissances « une ligne rouge » à ne pas franchir.
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Rappelons que les tensions entre Pékin et Taipei n’ont jamais cessé depuis l’après-Seconde Guerre mondiale et la création de la République populaire de Chine (RPC) en 1949, précédée par la défaite, suivie du repli des forces de l’ancien gouvernement du Kuomintang vers Taïwan.
Tensions exacerbées
Malgré 70 années de difficiles relations inter-détroit, ponctuées par les quatre « crises du détroit de Taïwan » (1954, 1958, 1995 et 2022), la situation s’est lentement améliorée entre la République Populaire de Chine (RPC) et la République de Chine (ROC, comprendre Taïwan), du moins sur le plan économique.
Sous les mandats…
Auteur: Benjamin Blandin, Doctorant en relations internationales, Institut catholique de Paris (ICP)

