Comment la droite instrumentalise George Sand pour relativiser la canicule

« Un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 °C, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1ᵉʳ juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre. » Cette citation, tirée du Journal d’un voyageur pendant la guerre de George Sand, paru en 1871, décrit la vague de chaleur vécue par l’autrice durant l’été 1870 depuis sa résidence de Nohant, dans le Berry (Indre).

Depuis fin juin et alors qu’une nouvelle vague de canicule écrase la France, toute une partie de l’extrême droite et de la droite climatosceptiques la reprend pour relativiser — à tort, évidemment — l’ampleur du changement climatique. Un comble, alors que George Sand fut une pionnière de la protection de la nature, qui intervint publiquement en 1872 pour empêcher la destruction d’une partie de la forêt de Fontainebleau.

Climatodénialisme de toutes parts

C’est Le Berry républicain qui a ouvert le bal le 24 juin, sans commentaire ni mise en perspective. Le Figaro a suivi le 26 juin, avec le même format. Le sénateur (Les Républicains) Laurent Duplomb s’est empressé de reprendre cet extrait le 29 juin en ouverture des débats en séance sur le projet de loi d’urgence agricole — celui-là même qui s’était illustré en déclarant en 2023 que « le changement climatique (…) sera très bénéfique » pour sa région.

Lire aussi : Les écologistes boucs émissaires de la canicule : comment la droite a détourné le débat

« L’histoire n’explique pas tout, mais elle évite parfois de raconter n’importe quoi », a persiflé le même jour Freddy Roy, figure locale du Rassemblement national puis de l’Union des droites pour la République (UDR) en Vendée, aujourd’hui conseiller municipal à la mairie…

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Auteur: Émilie Massemin

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