Les colonnes de fumée qui s’élèvent de El-Fasher, au Soudan, et les massacres qui ont suivi ne sont pas seulement le signe d’une ville assiégée tombée aux mains du général Mohammed Hamdan Daglo dit « Hemetti » et de ses Forces de soutien rapide (FSR). Elles marquent l’aboutissement logique de deux ans et demi de guerre alimentée par un flux continu d’armes venues de l’étranger, en violation assumée ou contournée des embargos internationaux. Depuis la prise de la ville fin octobre, témoignages, images satellites et vidéos montrent des exécutions sommaires, des décapitations, des tortures, des personnes écrasées.
Mais derrière le cliché des pick-up et des kalachnikovs, les drones, l’artillerie et les obus qui pilonnent le pays révèlent une carte mondiale de fournisseurs, d’intermédiaires et d’enjeux politiques. Au centre de ce système : les Émirats arabes unis (EAU), la Chine, l’Iran, la Turquie, mais aussi l’Europe, dont certains équipements se retrouvent sur le champ de bataille soudanais.
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El-Fasher, massacre annoncé et vitrine d’une guerre par procuration
Deux groupes armés, les Forces armées soudanaises (FAS) du général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane et les Forces de soutien rapide (FSR) d’Hemetti se livrent une guerre à haute intensité depuis 2023. Anciennement alliés, ils ont évincé les acteurs civils du gouvernement de transition mis en place après la révolution de 2019, qui avait lui-même renversé le régime trentenaire d’Omar el-Béchir.
Avant l’assaut final le 26 octobre 2025, El-Fasher, dernier bastion des FAS au Darfour, a subi plus de cinq cents jours de siège des FSR….
Auteur: William Jean

