Les indicateurs qui émanent de Washington ne sont plus de simples chiffres ou des divergences passagères dans les positions ; ils reflètent plutôt une profonde transformation structurelle de la relation entre les États-Unis et Israël.
Le récent vote au Sénat américain, où une nette majorité de démocrates a voté contre la fourniture à Israël d’équipements militaires sensibles, a révélé un déclin sans précédent de la position d’Israël au sein des États-Unis, en raison de son implication dans des guerres et des répercussions négatives que celles-ci ont engendrées sur la scène intérieure américaine.
Que 40 des 47 sénateurs démocrates aient voté contre la fourniture d’engins de chantier à « l’armée » israélienne, que 36 des 47 aient voté contre la fourniture de bombes, et qu’aucun membre démocrate ayant des ambitions présidentielles n’ait voté pour armer Israël, voilà des données qui ne peuvent être traitées comme un événement isolé ou une circonstance politique temporaire.
Elles constituent, bien plutôt, un paradoxe qui reflète un changement dans le tempérament politique américain et l’exposition d’Israël à un réexamen sans précédent au sein de son allié le plus crucial.
Cette transformation ne peut être dissociée du contexte plus large qui s’est mis en place ces deux dernières années, après la guerre à Gaza et, plus récemment, après le conflit avec l’Iran, l’escalade israélienne et l’affrontement avec le Hezbollah au Liban, ainsi que les vastes images de destruction, les crimes contre les civils et une exposition morale et médiatique sans précédent du récit israélien.
Israël est entré dans une nouvelle phase où il ne peut plus se présenter avec le discours ancien au sein de l’Occident en général, ni même au sein des institutions politiques américaines qui ont constitué si longtemps sa première ligne de défense. La grande question qui résonne aux…
Auteur:

