Au crépuscule de l’été, la prise de parole de François Bayrou a fait l’effet d’un électrochoc. Le premier ministre annonce, sur un ton sacrificiel, qu’il mettra son poste – et, avec, son gouvernement – en jeu lors d’un vote de confiance devant les parlementaires le 8 septembre. Une échéance particulièrement rapide alors qu’on imaginait les débats budgétaires s’enliser tout au long de l’automne. Vite, le choix du 8 septembre est analysé comme un moyen de couper l’herbe sous le pied du mouvement, né sur les réseaux sociaux, qui menace de « tout bloquer » le 10 septembre.
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Mais personne, ou presque, ne remarque que deux jours plus tard, le 12 septembre, l’agence de notation Fitch doit rendre de nouveau son verdict sur la note souveraine de la France. Et que tout porte à croire qu’elle va, encore, la dégrader. Un camouflet pour Emmanuel Macron et ses gouvernements. Mais surtout une opportunité de poursuivre sa politique encore plus austéritaire. Un paradoxe invisible mais bien réel.
En dramatisant la question de la dette, il fait tout pour créer un affolement des marchés.
D. Plihon
Pour le comprendre, il faut déjà se pencher sur ce que représentent les agences de notation. Aujourd’hui, il en existe une pelletée mais trois d’entre elles détiennent la quasi-totalité du marché. Leur nom est assez connu, pour revenir régulièrement dans le débat public à chaque nouvelle attribution de la note française : Standard & Poor’s, Moody’s, et Fitch. On les surnomme le « Big Three ». Leur activité est assez simple à comprendre : elles attribuent des notes aux émetteurs de dette. Plus la note est élevée, plus l’émetteur est réputé solvable et…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

