Les événements qui agitent la France depuis mardi, suite à la mort du jeune Nahel M. abattu par un tir policier, interviennent dans les « cent jours » d’apaisement annoncés par le président de la République.
Au vu de la période, l’apaisement prononcé ne semble être ici qu’un mot, une incantation. Tant que cet « apaisement » ne s’incarne pas concrètement, la parole politique demeure déceptive et alimente la défiance à l’égard des responsables politiques. Ainsi, le mot de François Hollande sur « mon ennemi est la finance » est resté dans l’électorat de gauche comme une déclamation marquante de son… échec.
Ces mots sont supposés être illocutoires – « quand dire c’est faire ». Or, la parole n’est pas toujours suivie de faits, et comme le montre le dernier baromètre du Cevipof, la méfiance grandit envers les politiques.
Il est en outre délicat d’être dans une injonction autour de « l’apaisement » et de mener, en même temps, et depuis des mois, une politique considérée par un certain nombre de Français comme plutôt conflictuelle, comme l’a montré la séquence des retraites qui a laissé une impression de brutalité.
Alors même que les manifestations de mai n’avaient pas encore eu lieu, fin avril, 65 % des Français considéraient Emmanuel Macron comme « brutal ».
Ce contexte a été par ailleurs entaché d’un autre événement : l’affaire du fonds Marianne. Cette dernière, du nom d’une association destinée à honorer la mémoire de Samuel Paty (enseignant assassiné le 16 octobre 2020) contient à elle seule plusieurs éléments explosifs nourrissant le discrédit envers le gouvernement Macron et pour cause. Le détournement du fonds Marianne mêle laïcité, subventions publiques détournées et le nom d’une ministre, Marlène Schiappa, toujours en poste malgré le scandale.
Ces enchaînements difficiles pour l’exécutif conduisent même à des chiffres…
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Auteur: Virginie Martin, Docteure sciences politiques, HDR sciences de gestion, Kedge Business School

