Congé parental, garde d’enfants, allocations familiales : l’expérience danoise montre que le calendrier et la durée des aides comptent autant que leur montant pour réduire la pénalité maternelle.
Pour de nombreuses femmes dans le monde, la maternité se paie au prix fort dans la vie professionnelle. Élever des enfants tend à entraîner des salaires plus faibles et une réduction du temps de travail pour les mères – mais pas pour les pères – dans le monde entier..
Sociologue, j’étudie la manière dont les relations familiales peuvent façonner les situations économiques. Par le passé, j’ai étudié comment la maternité tend à faire baisser les salaires des femmes, un phénomène que les sciences sociales appellent la « pénalité maternelle ».
Les programmes publics qui apportent un soutien financier aux parents peuvent-ils compenser cette pénalité salariale liée à la maternité ?
Une « pénalité maternelle »
Avec Therese Christensen, sociologue danoise, je me suis attachée à répondre à cette question en m’intéressant aux mères au Danemark – un pays scandinave doté de l’un des filets de sécurité sociale les plus solides au monde.
Plusieurs politiques danoises visent à aider les mères à rester en emploi. Par exemple, des services de garde d’enfants subventionnés sont proposés à tous les enfants dès l’âge de 6 mois et jusqu’à leur entrée à l’école primaire. Les parents n’en paient pas plus de 25 % du coût.
Mais même au Danemark, les mères voient leurs revenus chuter fortement, en partie parce qu’elles travaillent moins d’heures.
Une perte de 7 600 euros dès la première année
Dans un article qui sera publié prochainement dans European Sociological Review, Christensen et moi montrons que l’augmentation des revenus versés par l’État aux mères – notamment via les allocations familiales et le congé parental rémunéré – compense environ 80 % des pertes de revenus…
Auteur: Alexandra Killewald, Professor of Sociology, University of Michigan

