En novembre 1989, la chute du mur de Berlin a mis fin en l’espace de quelques heures seulement à près de quarante années de séparation entre les parties est et ouest de la ville, aboutissant à la réunification des deux Allemagnes. Les divisions entre ces deux sociétés étaient multiples, mais certaines demeurent encore peu connues, notamment sur le plan linguistique.
Il y a 35 ans, la chute du mur de Berlin, érigé en 1961, marque la réunion d’une ville divisée – Berlin-Ouest, sorte d’île à l’intérieur du territoire est-allemand d’un côté, Berlin-Est de l’autre – et d’un État divisé, partagé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale entre la République fédérale d’Allemagne (RFA) et la République démocratique allemande (RDA).
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Les analyses ne manquent pas sur les processus ayant conduit à la disparition du mur et à la naissance, un an plus tard, d’un État allemand unifié. Les dimensions entre autres politiques, institutionnelles, économiques ou culturelles ont ainsi été étudiées, avec une attention particulière portée à la ville de Berlin. Toutefois, un aspect concernant cette séparation de quarante années reste moins connu, surtout en dehors des territoires allemands : l’évolution qu’a subie au cours de ces quatre décennies et demie la langue allemande en RDA.
Le langage, un miroir de la société est-allemande
La langue évolue au fil du temps : c’est une évidence. Mais, souvent, cette variation est abordée sur le temps long à l’échelle d’un ou de plusieurs siècles ; ou bien sur un temps extrêmement court avec l’apparition de néologismes sous la pression du besoin que nous avons de nommer de nouveaux concepts (découvertes scientifiques, inventions, etc.)….
Auteur: Laurent Gautier, Professeur des Universités en linguistique allemande et appliquée, Université de Bourgogne

