Comment l'alliance entre l'industrie nucléaire française et russe veut faire capoter la transition allemande

L’Allemagne doit sortir du nucléaire en 2022. Mais l’entreprise française Framatome souhaite continuer à exploiter son usine allemande de combustible nucléaire. Pour le faire, elle compte s’associer à une filiale de l’entreprise d’État russe Rosatom.

Les entreprises nucléaires françaises et russes vont-elles ralentir la sortie du nucléaire allemande ? C’est ce que craignent des élus et des activistes environnementaux en Allemagne. Framatome, entreprise française détenue à 75 % par EDF, fabrique des combustibles pour les centrales nucléaires en France et à l’étranger. Elle détient une filiale en Allemagne, Advanced Nuclear Fuels (ANF). Son usine de Lingen, dans le nord-ouest du pays, produit des combustibles destinés principalement aux centrales d’Europe de l’Ouest. L’usine doit continuer à fonctionner après 2022, date à laquelle l’Allemagne a pourtant décidé de stopper définitivement tous ses réacteurs et de « sortir » de l’énergie atomique. Au vu de son carnet de commandes, le site de Lingen devrait rester en fonction au moins jusqu’en 2032.

En avril, les Allemands ont eu la surprise de découvrir que, pour continuer à faire tourner cette usine, Framatome comptait s’associer à une filiale de l’entreprise nucléaire d’État russe Rosatom, (du nom de TVEL). « Framatome SAS (France) et JSC TVEL (Fédération de Russie) sont en train de négocier une coentreprise pour coordonner la fourniture d’éléments combustibles spécifiques pour les centrales nucléaires, dans laquelle JSC TVEL détiendra une participation minoritaire de 25 % », nous confirme le service de presse de la filiale de Framatome. Pour que la coentreprise franco-russe voie le jour, il faut encore qu’elle soit approuvée par le ministère de l’Économie allemand, en train d’examiner la question. Et les critiques émergent face à ce projet de coopération franco-russe sur le sol allemand.

« C’est absurde de fermer toutes les centrales nucléaires allemandes tout en continuant à livrer des combustibles à des centrales étrangères, dont les centrales belges de Doel et Tihange, qui sont très peu sûres », estime la députée verte au Parlement allemand Sylvia Kotting-Uhl. Les réacteurs de ces deux centrales belges sont en fonction pour certains depuis plus de quarante ans. Au vu de leur état critique, des voix s’élèvent pour qu’elles soient arrêtées (voir notre article).

« La sortie du nucléaire allemande n’est pas crédible si on laisse ces usines en fonction »

En mars dernier, le…

La suite est à lire sur: www.bastamag.net
Auteur: Rachel Knaebel

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