La France n’est pas le seul pays où le recours aux cabinets de conseil par la fonction publique a été critiqué. L’Australie a connu le même débat. D’importantes mesures ont été prises. Pour quels résultats ?
L’ère post-Covid a été marquée par une critique des dépenses publiques en direction des cabinets de conseil internationaux. Ce phénomène n’a pas seulement concerné la France, où l’épisode du McKinsey Gate, au tournant de la première présidence Macron, a marqué les esprits et conduit à une enquête sénatoriale, puis à une réduction des dépenses.
Mais la France n’a pas été le seul pays à avoir été concerné. Dans de nombreux pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Allemagne et l’Afrique du Sud, une séquence comparable a eu lieu avec des débats publics, des commissions d’enquête et de nouvelles législations. L’Australie a été particulièrement active et a réalisé d’importantes économies quant à ses dépenses de consultants et de main-d’œuvre externe. Voici comment ils ont fait, mais jusqu’où le processus ira-t-il ?
Trois milliards de dollars d’économies
Pour comprendre pourquoi le recours aux consultants externes est devenu une question très politisée en Australie, il faut remonter au moins aux élections fédérales de 2018. Le gouvernement d’alors – une coalition de droite – se concentrait sur la réduction des dépenses publiques et réduisait les emplois publics. L’argument de l’opposition travailliste était que cela conduisait à l’utilisation plus coûteuse de consultants.
La controverse s’est poursuivie jusqu’aux élections fédérales de 2022, où un gouvernement travailliste nouvellement élu s’est engagé à économiser 3 milliards de dollars australiens (soit environ 1,9 milliard d’euros) sur les consultants et l’utilisation de main-d’œuvre externe. Cette politique a aussi été menée au…
Auteur: Emmanuel Josserand, Enseignant-chercheur, Pôle Léonard de Vinci

