Comment le fact-checking est né en 1942 pour traquer les rumeurs

Mark Zuckerberg vient d’annoncer la fin du fact-checking sur Facebook et Instagram aux États-Unis. Serait-on en train de vivre un tournant ? Depuis les années 2000, le fact-checking, cette démarche visant à contrer la désinformation, n’avait fait que se développer en Occident. Parée de toutes les vertus, elle n’a pourtant pas que des adeptes, en particulier chez les extrémistes de la liberté d’expression.

Les origines historiques de cette pratique peuvent-elles expliquer les soubresauts actuels ? Née dans les années 1940 aux États-Unis, la vérification porte la marque de la Seconde Guerre mondiale et de la lutte contre la propagande ennemie, l’antisémitisme, le racisme et tout ce qui divise un pays en guerre. Dans L’Invention du fact-checking, Pascal Froissart, directeur du Celsa (Sorbonne Université) et chercheur en sciences de l’information et de la communication, revient sur les origines de cette démarche journalistique qui vit aujourd’hui une période charnière. Extraits.


En 1942, quelques semaines après l’entrée en guerre officielle des États-Unis, les Américains découvrent avec effarement qu’ils sont exposés à un danger nouveau, une menace sourde, une bombe à retardement posée à même le sol national. En ouvrant leur quotidien ou leur magazine, les lecteurs découvrent que les rumeurs les menacent désormais, que les rumeurs sont partout, que les rumeurs sont incontrôlables, et surtout que l’on peut et qu’il faut lutter contre les rumeurs.

Pour le moment, seul un quotidien de Boston, le Herald, semble saisir l’importance du sujet. Fondé en 1846, le Boston Herald est l’un des plus anciens quotidiens des États-Unis et l’un des plus conservateurs. C’est l’un des plus réputés aussi car il est auréolé de deux prix Pulitzer, obtenus l’un en 1924, l’autre en 1927 ; il en recevra six autres dans le futur. […]

L’Invention du…

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Auteur: Pascal Froissart, Professeur des universités en Sciences de l’information et de la communication, directeur du CELSA, Sorbonne Université

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