L’ESSENTIEL
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Avec le numérique, les claviers s’imposent au quotidien et l’écriture manuscrite se raréfie.
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Le geste d’écrire suppose un grand travail de motricité fine.
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La question de l’écriture en miroir souligne la complexité de cet apprentissage.
Est-il pertinent d’apprendre à écrire à la main ? La question a connu un net regain d’intérêt suite à l’utilisation de claviers d’ordinateur, de smartphones ou de tablettes. Pour ces dernières, lorsqu’elles sont utilisées avec des stylets, la question ne se pose pas vraiment. Elles permettent simplement d’écrire à la main sur un support différent de celui qui prédomine dans l’école obligatoire depuis 1882. Mais l’utilisation des tablettes est présentement minoritaire et quasi-absente aux débuts de l’apprentissage de l’écriture, en école maternelle.
Le but de cet article n’est pas de tirer une conclusion des nombreuses recherches, y compris des méta-analyses, qui ont été conduites sur l’efficacité relative de l’écriture manuelle et de la frappe au clavier. On peut même s’interroger sur la légitimité d’une telle comparaison entre des processus aussi différents d’un point de vue visuel et moteur.
À l’heure où les claviers envahissent nos quotidiens, il s’agit d’abord de s’arrêter sur la richesse de cette écriture manuelle.
Des enjeux de coordination
Jacques Paillard, un grand neurophysiologiste de la seconde moitié du XXᵉ siècle, a décrit les deux composantes du contrôle de l’action impliquée dans l’écriture manuelle. La composante morphocinétique concerne la trajectoire cursive qui développe la forme caractéristique d’une lettre. Le support instrumental de cette morphocinèse est la motricité digitale et manuelle.
Au contraire, la composante topocinétique concerne une translation horizontale lente et continue de la main de la gauche vers la droite qui résulte des mouvements de l’articulation…
Auteur: Jean-Paul Fischer, Professeur émérite de psychologie, Université de Lorraine
