On le sait : entre bétonisation, nuisances sonores, consommation d’eau, pollution atmosphérique et émissions de gaz à effet de serre, les data centers ne sont pas exactement un allié de l’écologie. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Ces galeries de serveurs géantes rejettent aussi de l’air chaud, contribuant à certains endroits aux îlots de chaleur urbains. Un problème dont on se passerait bien à l’heure où les villes suffoquent sous des températures toujours plus élevées.
Décryptage en deux volets d’une industrie très largement déconnectée des réalités climatiques.
Îlots de chaleur urbains : quand les data centers soufflent sur les braises
Le Bourget, Seine-Saint-Denis. Dans le département le plus pauvre de l’Hexagone, un énième projet de centre de données suscite l’inquiétude des riverains. En cause, notamment : la création d’îlots de chaleur urbains en période estivale, d’autant plus malvenue que la ville est déjà très largement bétonnée. Un enjeu que l’Institut Paris Région appelle à prendre très au sérieux en Île-de-France, où plus de 200 centres de données ont été recensés en 2025. Les data centers ne sont évidemment pas les seules infrastructures industrielles à rejeter de la chaleur fatale ; c’est avant tout leur proximité avec les habitations, en milieu urbain, qui pose question.
Comme le souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte dans un article consacré aux enjeux environnementaux de ces installations, « les data centers émettent une grande quantité de chaleur (panache de chaleur) pouvant produire des effets d’îlot de chaleur ou renforçant le stress thermique (en cas de conditions météorologiques défavorables type dôme de chaleur) (pouvant aussi exacerber l’assèchement des sols et de la végétation). »
Une conséquence des data centers qui commence tout juste à être objectivée par la recherche. Une…
Auteur: Sophie Kloetzli
