Depuis quelques années, les spécialistes français des migrations tentent de tordre le cou aux stéréotypes sur l’immigration en apportant de la nuance et des informations scientifiques sur ce phénomène mondial. Le professeur François Héran rappelait, en 2023 sur France Inter, qu’il n’y a pas de lien entre les politiques migratoires et la probabilité d’attentats.
En cause, l’association devenue banale entre immigration et danger sécuritaire. S’il n’y a pas de corrélation entre terrorisme et immigration, il est incontestable que les discours politiques sur l’immigration alimentent l’islamophobie. Que les personnes victimes d’islamophobie soient françaises ou non importe peu, car l’équation qui associe le ou la musulman·e à un·e immigré·e dépend de la manière dont elles sont perçues, ce qui leur échappe en partie, en l’absence de signes distinctifs de religiosité.
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Depuis une dizaine d’années, le discours stigmatisant et répressif sur l’immigration n’est plus réservé à l’extrême droite : droite et centre usent du leit motiv sur les risques migratoires. Dans les colonnes du Journal du dimanche, immigration et islam sont associés pour mettre en garde sur « une transformation culturelle accélérée » due à une prétendue « submersion » migratoire. En d’autres termes, la France court le danger du « grand remplacement ».
À chaque défi ou drame national, étrangers et musulman·es sont accusé·es de menacer la cohésion nationale
Face à cette menace supposée, la banalisation du discours anti-migrant·e s’est doublée d’un discours islamophobe où les musulman·es sont invité·es à « rentrer…
Auteur: Hanane Karimi

