À l’aune des massacres commis au Proche-Orient par le Hamas, la fragmentation de la Nupes semble relever d’un fait divers.
Elle n’est pas causée par la nouvelle étape du conflit israélo-palestinien. Elle ne constitue sans doute pas non plus le stade ultime de la décomposition du cartel formé par la France Insoumise, le PS et les écologistes, ni par la position du PCF qui « prend acte de l’impasse » dans laquelle se trouverait la Nupes.
Fragile dès sa formation en 2022, cette alliance d’une gauche française, amputée par la constitution de la République en Marche en 2016, lui a permis d’exister lors des dernières élections législatives. Divisée sur la question centrale du rôle de l’Union européenne, elle avance en ordre dispersé. Ses principaux dénominateurs communs demeurent la recherche de la chute du gouvernement d’Elisabeth Borne et de l’incarnation d’une alternative à Emmanuel Macron comme à Marine Le Pen.
Des difficultés européennes
L’importance des divergences au sein de la Nupes dans la qualification des meurtres et des prises d’otages par la branche militaire du Hamas n’est pas pour autant à minimiser. Elle renvoie à la difficulté de la gauche européenne de trouver un électorat stable alors que de nouvelles droites populaires achèvent de lui enlever le monopole de la contestation sociale.
Au lendemain des tueries perpétrées par les commandos palestiniens,le contraste entre les propos du chancelier social-démocrate allemand et de la France Insoumise est par exemple évident. Pour Olaf Scholz, Israël a le « droit de se défendre » contre des attaques « barbares ».
Par contre, pour le groupe parlementaire français, il ne parait pas y avoir de hiérarchie entre les formes de violence des deux parties au conflit. Selon les termes d’un communiqué controversé :
« L’offensive armée de forces palestiniennes menée par le Hamas intervient dans un contexte…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Christophe Sente, Chercheur en sciences politiques, Université Libre de Bruxelles (ULB)

