Sur les plateaux télé, il y a les invités politiques officiels, ceux qui sont membres de partis et identifiés comme tels, et il y a les «éditorialistes» et les «chroniqueurs», qui diffusent leur idéologie derrière une fausse neutralité et un statut d’expert. Ce sont ces gens qui forgent l’opinion, imposent leurs obsessions et neutralisent certains courants politiques dans la durée.
Le média Arrêt sur image a mené un recensement complet des «journalistes et éditorialistes invités sur BFMTV pour commenter l’actualité». Ils viennent quasiment tous de titres situés très à droite. Ceux qui passent le plus à l’antenne sont issus du Figaro et l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles. Une méthode efficace pour manipuler l’opinion tout en donnant l’illusion de respecter les règles. On vous explique.
Pour obtenir une diffusion au niveau national sur les canaux de la TNT, c’est l’État français qui offre les fréquences. En principe, l’Arcom – Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique – un organisme sous tutelle du gouvernement, doit s’assurer que ces médias sont en «capacité de répondre aux attentes d’un large public», qu’ils permettent la «sauvegarde du pluralisme des courants d’expression socioculturels» et qu’ils produisent de l’information. Si les chaînes ne remplissent pas ces critères, on peut leur retirer leur fréquence.
Pour respecter les règles de pluralité, les chaînes doivent donner un tiers de temps de parole au gouvernement en place et les deux autres tiers équitablement répartis «entre l’ensemble des forces politiques selon leur poids électoral, les sondages d’opinion et leur contribution à la vie politique». Tout cela est déjà très subjectif, mais admettons.
Cnews a choisi de tricher franchement, et de l’assumer. L’organisation Reporters sans Frontière (RSF) a analysé la méthode de la chaîne Vincent…
Auteur: B

