Marcenay (Côte-d’Or), reportage
L’étang de Marcenay, au nord de la Côte-d’Or, scintille sous le soleil estival. Il est à peine 10 heures et le thermomètre frôle déjà 30 °C. Au pied de l’observatoire ornithologique du bord de l’étang, l’interminable vague de chaleur qui pèse sur la France se fait bien sentir. Simon-Pierre Babski, directeur scientifique de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Côte-d’Or, nous tend des salopettes étanches avec bottes intégrées.
On s’engouffre dans un étroit passage boueux — normalement immergé — au milieu des roseaux et des fleurs pourpres de salicaire, pour atteindre l’eau stagnante. On peut alors prendre place à bord d’un canoë. Objectif : réaliser une opération de baguage, menée chaque année en août par le Centre de recherche sur la biologie des populations d’oiseaux (CRBPO) du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Cette technique permet d’identifier et de suivre les oiseaux grâce à une bague passée à leur patte, pour documenter les variations de leurs stratégies de halte migratoire, dans le cadre du programme Séjour.
Rousserolles, bergeronnettes et gorgebleues
« L’étang est un “hot spot” pour des centaines d’oiseaux migrateurs paludicoles [inféodés aux étangs et marais] : ils viennent s’y reposer après la reproduction et avant la migration d’hiver et refaire leurs réserves de graisse », nous explique Simon-Pierre Babski. L’eau libre, la roselière et les boisements humides de cet espace naturel sensible de 115 hectares attirent chaque été des rousserolles effarvattes, des phragmites des joncs, des bergeronnettes printanières, ou encore des gorgebleues à miroir. « Mais de l’eau, d’habitude, il y en a 40 à 50 cm de plus ici ! »
Au bout de la navigation, on rejoint Joseph Abel, ornithologue-bagueur et directeur de la LPO Bourgogne-Franche-Comté, et Margot Perrot, bénévole aide-bagueuse, qui…
Auteur: Emma Nicolas, Mathieu Génon
