Comment les Victoriens ont transformé la communication avec les morts en commerce lucratif

Lévitation d’une table lors d’une séance spirite. Enrico Morselli/Wikimedia Commons


L’ESSENTIEL

  • Dès la fin des années 1840, le spiritisme venu des États-Unis a fait du contact avec les morts un marché britannique : séances, photographies, produits.

  • Des médiums comme Daniel Dunglas Home refusaient tout paiement direct mais acceptaient cadeaux et soutiens, et les revues spirites dénonçaient le matérialisme tout en vendant des élixirs.

  • Aujourd’hui, les « thanabots » et autres technologies du deuil rejouent cette tension entre besoin affectif, crédibilité technologique et profit.


La mort n’a jamais tout à fait empêché les vivants de chercher à poursuivre la conversation avec leurs proches disparus.

Aujourd’hui, les thanabots (des agents conversationnels qui imitent les défunts, NdT) dopés à l’intelligence artificielle (IA) et une gamme croissante de technologies du deuil, la « grief tech », mettent sur le marché plusieurs façons de recréer la voix des disparus. Ces outils ouvrent de nouvelles perspectives commerciales et de nouvelles expériences, mais soulèvent aussi des questions dérangeantes : le deuil doit-il être une source de profit ?

Pourtant, bien avant que l’IA permette de simuler une voix familière (et de la facturer au prix fort), le mouvement spirite qui a déferlé sur la Grande-Bretagne victorienne s’est déjà confronté aux questions de crédibilité, d’authenticité et d’exploitation commerciale, tout en transformant l’un des désirs les plus tenaces de l’humanité en produit commercialisable.

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Nos recherches sur l’histoire économique du spiritisme dans la Grande-Bretagne du XIXᵉ siècle suggèrent que les ressemblances vont plus loin qu’une fascination commune pour la communication avec les morts.

On se souvient souvent de la Grande-Bretagne victorienne (celle du règne de…

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Auteur: James Cronin, Professor in Marketing and Consumer Culture Studies, Lancaster University