La défaite de Kamala Harris lors de l’élection des États-Unis semble sidérer le monde entier ainsi que l’ensemble des pays européens, sauf peut-être les États les plus conservateurs comme la Hongrie. Pourtant cela pourrait être une situation en trompe-l’œil. La présidence de Joe Biden n’a pas été aussi bienveillante à l’égard de l’Europe que ne le pensent les dirigeants européens.
L’Europe décroche vis-à-vis des États-Unis et du reste de la planète depuis plus de vingt ans. L’écart de revenu par habitant entre les États-Unis et la zone euro, d’environ 10 000 euros en 2000, augmente depuis 2012. Le PIB américain est aujourd’hui supérieur de 12,5 % par rapport à 2019 alors que celui de l’Allemagne a stagné, et que celui de la France a augmenté de 3,8 %.
L’Europe a beaucoup moins investi que les États-Unis.
L’Europe a beaucoup moins investi que les États-Unis, notamment dans les technologies de l’informatique et de la communication, et, surtout, les dépenses de recherche publique et privée sont significativement plus basses. La crise des subprimes (2008) puis le choc énergétique de 2022 ont paralysé l’Union européenne (UE), qui, empêtrée dans une logique néolibérale, n’a pas su mettre en œuvre la politique structurelle industrielle indispensable pour répondre aux crises structurelles et notamment la crise climatique.
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Auteur: Jérôme Gleizes

