Quelques cibles médiatiques placées dans le dos de Bénedicte de Perthuis, la juge qui a condamné Marine Le Pen.

Comment l’extrême droite et les médias mettent une cible dans le dos d’une juge


Les juges qui relaxent des violeurs et des policiers violents se font-ils afficher à l’antenne ? Donne-t-on leur nom et parle-t-on de leur vie privée ? Jamais


À droite et à l’extrême droite, on trouve toujours la justice trop «laxiste». On justifie des peines de prison ferme pour des petits larcins – par exemple, un vol de canette ou de baskets après la mort de Nahel, punis de plusieurs mois d’enfermement. On trouve normal qu’un policier exécute un adolescent pour un refus d’obtempérer, au nom du «maintien de l’ordre». On trouve la prison trop douce et on aimerait rétablir le bagne pour les délinquants. On dit aussi qu’il faut «laisser la justice faire son travail» en cas de violences policières. C’est-à-dire laisser la justice relaxer les policiers qui ont tué, mutilé, violé.

En fait, pour l’extrême droite, la justice n’est bonne que pour punir les pauvres et les marginalisés. Dès qu’elle s’attaque aux puissants, elle est prise pour cible, et les magistrats qui appliquent le droit sont menacés de mort.

La juge qui a prononcé la condamnation de Marine Le Pen et d’une vingtaine de cadres du RN lundi 31 mars est victime d’une campagne d’attaques d’une grande violence. Son nom et sa photo circulent partout, son parcours professionnel et sa vie sont disséqués. Elle est traitée de «juge militante» et «engagée». Le quartier où elle habite a été localisé. Elle reçoit d’innombrables menaces de mort. À tel point qu’elle a été mise sous protection policière.

Précisons qu’un verdict, surtout sur un dossier aussi important et médiatisé, n’est pas la décision d’une juge, mais est issu d’un protocole collégial avec trois juges, au terme d’une longue enquête à charge et à décharge, qui comprend des centaines de pages et de nombreuses preuves. Lundi 31 mars, la magistrate a d’ailleurs longuement développé, pendant trois heures, les 152 pages de jugement.

On est loin, très loin…

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Auteur: B