Comment l'industrie agroalimentaire tente de nous servir de nouveaux OGM

« Pour vendre des OGM à celles et ceux qui n’en veulent pas, il suffit de dire que ce ne sont pas des OGM. Tel est l’objectif de la réforme annoncée de la réglementation européenne. » Guy Kastler du syndicat de la Confédération paysanne, ne mâche pas ses mots, alors que la Commission européenne prévoit dans les jours à venir de discuter de la réglementation des plantes « produites par les nouvelles techniques du génome ».

Que recèlent ces nouvelles techniques ? « On parle ici de mutagenèse : on induit des mutations dans le génome d’un organisme vivant. Plus besoin donc de faire intervenir un gène extérieur », décrypte Éric Meunier de l’association Inf’OGM, veille citoyenne d’information critique sur les OGM et les semences. Plutôt que de croiser des plantes entre elles (la transgenèse), les laboratoires agissent directement sur le génome pour provoquer la caractéristique qu’ils souhaitent. Certes, une plante s’adapte naturellement à son milieu si celui-ci évolue. Mais avec la mutagenèse, « ce changement se produit sur une échelle de temps sans commune mesure avec l’échelle ’’naturelle’’ » observe Éric Meunier.

basta! lançait l’alerte à ce sujet dès 2016 en décryptant les différentes techniques de manipulation de l’ADN à l’œuvre. La bataille juridique est toujours en cours pour savoir si ces techniques relèvent ou non de la réglementation sur les organismes génétiquement modifiés, ce qui implique évaluation des risques et étiquetage pour garantir la traçabilité. Or, la récente décision de la Cour de justice de l’Union européenne fait craindre aux organisations de la société civile « un déferlement massif d’OGM non identifiés ».

Lire l’encadré

– 1990 : La première directive sur les OGM est adoptée par l’Union européenne (UE) (90/220). Elle liste deux techniques donnant des OGM qui ne sont pas soumises à la…

La suite est à lire sur: basta.media
Auteur: Sophie Chapelle

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com