Revenons en arrière… À la fin du mois de février 2022, les unités mécanisées de l’armée russe rôdaient autour d’Energodar [cité proche de la centrale où logent ses employés], s’approchant des barricades, négociant avec quelqu’un, partant puis revenant… Que se passait-il ?
Oleg Dudar : La ville puis la centrale ont été attaquées par des unités des forces spéciales venues du Caucase du Nord, équipées de chars, de véhicules blindés de transport de troupes modernes, dotés de dispositifs de vision nocturne et d’imagerie thermique, ainsi que de systèmes de communication de haut niveau. Dès les premiers jours, les habitants de la ville d’Energodar ont fait preuve d’un grand courage civique et organisationnel car nous savions qu’il n’y aurait personne pour nous défendre : les forces armées ukrainiennes n’étaient plus sur la rive gauche du Dniepr et l’unité qui assurait la sécurité de la centrale, n’avait ni les forces, ni les moyens appropriés, ni les compétences nécessaires pour la protéger de l’armée ennemie.
En manifestation d’au moins 10 000 personnes non armées, avec des drapeaux et des pancartes, les habitants d’Energodar se sont organisés pour affronter les envahisseurs […]. Ces personnes courageuses ont fait obstacle aux chars et aux véhicules blindés, maintenant la défense et empêchant l’ennemi d’entrer dans la ville pendant plusieurs journées…
Au moment de la prise d’assaut et du premier bombardement de la ville et de la centrale nucléaire [le 4 mars 2022], étiez-vous chez vous ou sur site, et à quoi tout cela ressemblait-il ?Avant même l’assaut ennemi, tous les dirigeants de la centrale avaient compris que l’occupation de la ville et du site ne prendraient que quelques jours […] Il n’y avait tout simplement plus d’aide à attendre. Nous avons alors commencé à nous préparer mais aucun plan ne prévoyait de tels événements.
Mon quart de travail s’est…
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Auteur: dev