Imaginez une créature faisant près de deux fois la taille d’un éléphant d’Afrique moderne (qui peut peser jusqu’à 6 000 kg. Il s’agissait d’Elephas (Paleoxodon) recki, un titan préhistorique qui parcourait les terres de l’actuelle Tanzanie il y a près de deux millions d’années. Imaginez maintenant un groupe de nos ancêtres debout devant sa carcasse, puis en train de la dépecer et de la manger.
Depuis des décennies, les archéologues débattent de la date à laquelle les hominidés, ancêtres de l’homme, ont commencé à se nourrir de mégafaune – des animaux pesant plus de 1 000 kg.
Dans une nouvelle étude, notre équipe d’archéologues, qui étudie l’évolution des premiers humains en Afrique, a identifié l’un des tout premiers cas de dépeçage d’éléphant.
Cette découverte a eu lieu dans la gorge d’Olduvai en Tanzanie. Il s’agit d’un site célèbre qui abrite quelques-uns des restes les plus anciens et les mieux préservés de nos ancêtres humains. Datant d’il y a 1,80 million d’années, cette découverte sur le site connu sous le nom d’EAK révèle que nos ancêtres interagissaient avec la mégafaune bien plus tôt qu’on ne le pensait auparavant (l’estimation précédente pour Olduvai était d’environ 1,5 million d’années) et de manière plus sophistiquée.
Cette découverte suggère que les hominidés (très probablement l’Homo erectus) vivaient peut-être en grands groupes sociaux à cette époque, sans doute parce que leur cerveau se développait et exigeait une alimentation plus calorique et riche en acides gras.
Les « preuves irréfutables »
L’une des raisons pour lesquelles notre régime alimentaire ancestral fait l’objet de débats est qu’il n’est pas facile de trouver des preuves de la quantité de nourriture animale que les premiers humains consommaient et de la manière dont ils se la…
Auteur: Manuel Domínguez-Rodrigo, Professor of Anthropology, Rice University

