Introduction
Comment concevoir une politique économique anticapitaliste en régime capitaliste ? Cette question essentielle pour toute force authentiquement de gauche qui prend le pouvoir s’est posée dans de multiples configurations depuis plus d’un siècle : dans des pays du centre et de la périphérie, suite à une victoire électorale, une guerre civile, une guerre de libération nationale ou une insurrection.
De la révolution russe d’octobre 1917 à la social-démocratie suédoise en passant par la création de la Chine populaire en 1949, le gouvernement de l’Union populaire au Chili en 1971 ou la victoire de l’Union de la gauche en France en 1981, les situations abondent où le problème d’une transition au-delà du capitalisme s’est posé et où les politiques ont, avec des résultats contrastés, mis en œuvre des transformations effectives de l’économie.
L’objet de ce texte n’est pas de revisiter cette foison d’expériences, mais plus modestement de faire un pas de côté par rapport à la conjoncture immédiate pour poser, dans une perspective réaliste, quelques principes généraux pouvant guider une politique écosocialiste au niveau gouvernemental afin, dans un second temps, de montrer qu’ils peuvent éclairer la réflexion stratégique dans le contexte d’un pays à revenu élevé qui n’est cependant pas une grande puissance, telle que la France des années 2020.
Les paramètres de base
Toute politique anticapitaliste digne de ce nom doit prendre en compte trois paramètres de base : la boussole qui donne un sens au changement structurel, la nécessité de consolider la base sociale qui soutient cette politique, l’hostilité du capital.
La boussole donne sa substance politico-morale à l’action entreprise. Dans les conditions actuelles, il s’agit d’une politique éco-socialiste dont les trois piliers sont le gouvernement de l’économie par les besoins, la stabilisation…
Auteur: romain romain
