En médecine, l’établissement d’un diagnostic est fondamental dans le raisonnement qui permet d’établir un projet de soins pour le malade.
L’analyse des symptômes est une des spécificités du métier du médecin, dont la longue formation le prépare à savoir les trier et les catégoriser. Contrairement aux patients profanes, grâce à son expérience, le médecin parvient à reconnaître les symptômes identifiant de la maladie, ce qui est censé éviter les dérives diagnostiques.
Mais l’établissement du diagnostic n’est pas neutre : le médecin élabore son raisonnement en fonction de la façon dont il perçoit ce que lui dit son patient de ses symptômes. La démarche diagnostique doit donc tenir compte de l’expression desdits symptômes par le patient, mais aussi des attentes de ce dernier par rapport à sa maladie.
Tout diagnostic commence par un dialogue
Le diagnostic médical est la résultante d’un dialogue basé sur la compréhension mutuelle de chacun des protagonistes. Il fait intervenir un processus de « traduction » du langage profane du patient en des termes ayant une signification diagnostique médicale. La qualité de cet échange déterminera la justesse de la démarche diagnostique.
En effet, à partir des renseignements que le patient lui a fournis, le médecin va procéder par hypothèses diagnostiques. Plusieurs types de stratégie diagnostiques sont mises en œuvre par le médecin, en fonction non seulement de la spécificité des renseignements obtenus, mais aussi de son expérience, ou de l’identification d’une situation urgente nécessitant la mise en place d’une thérapie rapide. Dans cette démarche, la notion d’incertitude est un élément clé.
Par exemple, devant une fièvre accompagnée de signes respiratoires et de douleurs articulaires et/ou musculaires, survenant durant la période d’épidémie grippal, le médecin identifiera dans un premier temps une probable grippe. À ce stade,…
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Auteur: Yves Hansmann, Professeur des universités – praticien hospitalier – Maladies infectieuses et tropicales et médecine interne, coordonnateur du Centre de référence Maladies vectorielles à tiques, membre du groupe de travail HAS, membre du groupe de travail ANSES, Université de Strasbourg

