Avec le phénomène de « starification » dans tous les domaines – une « star » étant, quelles que soient sa légitimité et ses compétences, le produit d’un système, qu’on met en avant à des fins mercantiles ou idéologiques – et l’introduction de la vie privée dans le débat public, on a fait de la politique un spectacle.
Mais la politique – réelle – est avant tout affaire de pragmatisme, de sens pratique. Au-delà des images et des slogans, elle se doit d’abord d’être fonctionnelle. Son essence n’est-elle pas l’élévation – sociale, économique, culturelle et peut-être – de citoyens en attente de formation et de reconnaissance, en échange d’un travail fourni précisément pour la collectivité ?
Politiquement, nous vivons une époque charnière, où les gens ont perdu toute confiance en l’autorité qui les gouverne, celle-ci ayant largement trahi ses missions fondamentales de fédération, de protection et d’élévation. Nos politiciens « starifiés » préférant, par facilité, s’investir dans la gestion à court terme des croyances et de la paresse ordinaire des citoyens plutôt que dans le combat sacrificiel à long terme du progrès humain.
En France, pays démocratique s’il en est, la vacance gouvernementale de l’été dernier aura fini de nous convaincre de l’inutilité des postes de représentation, ministres et autres hommes de paille soumis à toutes sortes de lobbies, multinationales et cabinets de conseil ; la bonne marche d’une société reposant avant tout, concrètement, sur les « petites mains » de l’administration et de l’économie réelle : entrepreneurs, artisans, professions libérales, etc. La pénurie de médecins et la faillite du système de soins étant sans doute les marqueurs les plus évidents d’une société en crise.
Cette prise de conscience générale préfigure-t-elle la fin de la politique-spectacle, avec ses illusionnistes professionnels…
Auteur: Rorik DUPUIS VALDER

