Comment se protéger des PFAS dans l’eau du robinet ?

Une conformité trompeuse

Si l’eau respecte les normes, ces normes sont parfois revues à la baisse pour coller à la réalité de la pollution — et non l’inverse. Les chiffres donnent le vertige. Entre 2019 et 2022, sur 782 pesticides surveillés en France métropolitaine, 588 ont été détectés au moins une fois dans les nappes phréatiques. Fin 2025, l’Anses a publié les résultats d’une vaste campagne d’analyses : 92 % des échantillons d’eau distribuée contenaient du TFA (acide trifluoroacétique), avec une concentration médiane de 780 nanogrammes par litre.

Une étude de PAN Europe confirme l’ampleur européenne du phénomène, avec du TFA retrouvé dans 94 % des échantillons d’eau du robinet testés dans onze pays. Ce polluant ultracourt, issu notamment de la dégradation des réfrigérants et des pesticides fluorés, est particulièrement insidieux : il résiste aux traitements classiques et n’est toujours pas intégré aux normes de potabilité françaises. La valeur indicative retenue par la France pour cette molécule est de 60 µg/L – soit 600 fois le seuil appliqué aux PFAS classiques.

À cela s’ajoutent des milliers de composés non mesurés : résidus médicamenteux, microplastiques, perturbateurs endocriniens. Comme ils ne sont pas mesurés, on reste dans la norme. Mais l’incertitude est totale sur les conséquences d’une exposition chronique à ce cocktail de contaminants à faibles doses.

Quand la règle s’adapte à la pollution

L’histoire des normes sur l’eau potable est, à elle seule, un récit édifiant. La norme sur les pesticides remonte aux années 1970 : le fameux seuil de 0,1 µg/L par substance ne repose sur aucune base toxicologique. Il correspond simplement au minimum que les instruments de l’époque étaient capables de détecter. Pas un seuil de danger. Un seuil de détection.

Depuis, les contournements se sont perfectionnés. En 2019, l’Anses a introduit la notion de…

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Auteur: Isabelle Vauconsant

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