Si les modes tiennent une place très forte au collège et au lycée et que les adolescents se jugent souvent les uns et les autres sur leur apparence, l’entrée à l’université tourne-t-elle la page de ce contrôle normatif ? Paroles étudiantes sur les styles vestimentaires d’un campus.
Depuis plusieurs années, les débats fleurissent au sein de la sphère politico-médiatique concernant les tenues des jeunes filles à l’école, et plus précisément dans le secondaire, qu’il s’agisse du port du crop top (haut court laissant apparaître le nombril) ou du port de l’abaya (robe longue traditionnelle dans les pays musulmans du Moyen-Orient).
Les jeunes filles sont sommées de s’habiller de « façon républicaine » lorsqu’elles laissent apparaître leurs épaules, leur décolleté ou leur ventre. Elles peuvent être accusées de faire du « prosélytisme religieux » lorsque leur vêtement recouvre l’intégralité de leur corps. De manière sous-jacente se pose la question du contrôle normatif pesant sur l’apparence vestimentaire des jeunes filles et, plus largement, sur leur corps.
Rappelons que le cadre est différent à l’université. En effet, bien que régis par le Code de l’éducation, ces établissements accueillant des adultes jouissent néanmoins d’une autonomie pédagogique, scientifique, administrative et financière. Le port du voile, et plus largement le port de signes religieux, est autorisé au sein des universités – non sans débats.
Si l’imposition de normes vestimentaires semble donc criante à l’école, qu’en est-il, au-delà des aspects législatifs, dans l’enseignement supérieur et, plus spécifiquement, à l’université ?
À partir d’une enquête de terrain menée en 2023 dans une université française, à l’aide d’entretiens compréhensifs auprès d’étudiantes, il s’agira de comprendre ce qui se joue au niveau des normes vestimentaires des jeunes femmes qui…
Auteur: Bleuenn Lollivier, Doctorante en sciences de l’éducation, Université Rennes 2

