Nous poursuivons ici notre exploration de l’intelligence artificielle mais surtout de ses critiques. Après avoir réfuté les croyances qui lui sont sous-jacentes avec Mathieu Corteel, y avoir décelé les prémices d’un appauvrissement et d’une fascisation du monde avec Frédéric Neyrat, appelé à la combattre avec Ian Alan Paul, à la déserter avec Sébastien Charbonnier ou à la repenser de fond en comble avec Anne Alombert, nous publions cette semaine ce long (mais bon) article de Giorgio Griziotti qui reprend le problème depuis le début, assume la catastrophe en cours mais y voit un champs de bataille.
Là où la méta-automatisation introduite avec l’intelligence artificielle générative tend à enfermer l’indéterminé dans la prévision calculable, la métatechnique humaine – située, relationnelle, historique – ouvre des brèches dans l’inconnaissable. Il n’existe aucun apprentissage profond capable d’émuler cette ouverture radicale, car elle n’est pas fonction, mais seuil.
ChatGPT
Eux avaient l’algorithme, nous l’anomalie. Eux l’entraînement, nous l’invention.
Le Boomernaute
Le terme « intelligence artificielle » (IA) couvre différents domaines et dénominations. Dans cet essai, quand je parle d’IA, au singulier ou au pluriel – entendant dans ce second cas les diverses implémentations actuelles comme ChatGPT, Deepseek ou Claude – je me réfère, sauf indication contraire, à l’intelligence artificielle générative appliquée spécifiquement au langage : la famille de techniques qui, en appliquant des modèles de machine learning à d’énormes datasets, produit de grands modèles de langage (LLM), c’est-à-dire des modèles linguistiques capables de créer de nouveaux contenus. Pour clarifier métaphoriquement la relation entre ces éléments :
- Le Dataset est la bibliothèque universelle de textes, la matière première.
- Le Machine Learning est la méthode d’étude qui permet…
Auteur: dev

