Pour ce lundisoir, nous avons convié Josep Rafanell i Orra qui vient de publier un excellent petit traité de cosmo anarchie (Divergences). Plutôt que de bavarder, nous lui avons demandé d’éclaircir certains des points clefs du livre : pourquoi nous faut-il tout destituer à commencer par cette drôle d’idée qu’est le sujet ? En quoi une nouvelle idée du communisme s’oppose radicalement à cette autre drôle d’idée : la société ? Comment la fin du monde pourrait aussi receler la resurgissement des mondes ? Que peut-être une fuite de la politique qui ne renonce en rien à la lutte partisane ?
Dans les temps à venir, il nous faudra beaucoup détruire pour que des transitions de l’expérience, des passages, puissent tracer leurs chemins au travers un archipel de mondes.
Landauer proclamait en 1901 quelques années avant le coup de massue porté à la modernité par sa propre entreprise mondiale de mort mécanisée :
« L’anarchie n’appartient pas à l’avenir, mais au présent ; elle n’est pas affaire de revendications, mais affaire de vie. Il ne s’agit pas de nationalisation des conquêtes du passé, il s’agit de la naissance d’un peuple nouveau qui, venant des petits commencements, se forme de tous les côtés par colonisation intérieure, au milieu d’autres peuples, dans des nouvelles communautés. Il ne s’agit point de lutte des classes des non-possédants contre des possédants, mais il s’agit du fait que des êtres libres, moralement forts et maîtres d’eux-mêmes, se séparent des masses pour s’unir dans de nouveaux liens. »
Depuis, d’autres cataclysmes sont passés par là. Il est redevenu impossible à l’être de s’arranger avec ce qu’il est. Nous ne serons plus jamais « ni forts ni maîtres de nous-mêmes ». Nous sommes forts seulement de l’attention que nous pouvons porter à la vulnérabilité de ce qui relie les êtres qui entraîne des transfigurations. Car notre force…
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Auteur: dev

