Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko effectue une visite officielle en Turquie du 6 au 10 août 2025, un déplacement qui s’inscrit dans la continuité des liens anciens et croissants entre Dakar et Ankara. Ce voyage intervient, alors que la Turquie tente de maintenir une position forte en Afrique, avec sa “Politique d’ouverture vers l’Afrique”, adoptée en 1998.
En tant que chercheur sur les questions migratoires et géopolitiques, j’ai analysé, dans une récente étude, les formes d’agences, les réseaux sociaux et le commerce électronique transnational entre Dakar et Istanbul, ainsi que les personnes impliquées, notamment les migrants, les GP (Gratis Passengers ou gratuité partielle). Ces derniers sont des “expéditeurs” de fret ou “facteurs des airs”, qui utilisent leur franchise de bagages, pour transporter des colis hétéroclites entre Istanbul et Dakar. Cette activité est à tort ou à raison taxée de “clandestine”.
Mon étude met en lumière un commerce transnational actif et une migration circulaire et peu visible mais stratégique.
Les entretiens ont principalement porté sur les allers-retours des commerçants entre Dakar et Istanbul, les GP (essentiellement sénégalais) et autres hommes d’affaires sénégalais. Utilisant la puissance des réseaux sociaux tels que WhatsApp, TikTok et Facebook, ils commercent régulièrement avec la Turquie tout en résidant au Sénégal. Certains d’entre eux n’ont d’ailleurs jamais quitté le Sénégal.
Avec les tarifs préférentiels sur les billets d’avion, ils ont réussi à mettre en place un système de transport de colis payant fondé sur leur franchise de bagages. Contrairement aux passagers ordinaires qui ne peuvent dépasser les 46 kg autorisés, les GP peuvent transporter jusqu’à 100 kg par voyage, souvent avec des réductions de 50 % sur leurs tarifs grâce à des cartes de fidélité de compagnies aériennes.
Read more:
Comment…
Auteur: Papa Sow, Senior Researcher, The Nordic Africa Institute
