Jennifer a été incarcérée après avoir poignardé son violeur dans la rue. La peine prononcée à son encontre : 5 ans d’emprisonnement dont 3 fermes, et près de 10 000€ d’indemnités à payer. Le message du tribunal est clair : c’est pas si grave si vous êtes violées, l’essentiel est que vous ne réagissiez surtout pas.
Ce communiqué fait suite au procès de Jennifer qui a eu lieu au Tribunal de Grande Instance de Toulouse le 10 juin 2021.
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas sa situation : Jennifer est une femme trans incarcérée à la maison d’arrêt de Seysses depuis le mois de juin 2020. Jusqu’à présent, en tant que collectif de soutien, nous avions fait le choix de communiquer uniquement sur ses conditions de détention. Pour rappel elle a été placée à l’isolement dans la prison pour hommes pendant 9 mois, sur le seul motif de sa transidentité. L’accès aux parloirs a été très compliqué pour ses proches, l’accès aux produits de la prison aussi, elle attend toujours un lecteur DVD commandé en octobre. Notre priorité était donc – pour éviter des répercussions lors de son incarcération ou de son procès – de maintenir le lien avec elle et d’actionner tous les leviers possibles pour rendre son quotidien plus digne. Suite à son changement d’état civil, elle a été transférée à la Maison d’Arrêt pour Femmes, et nous continuons de nous mobiliser pour la soutenir sur le plan matériel et émotionnel.
Aujourd’hui, nous souhaitons rendre public notre positionnement sur le fond de l’affaire et son traitement juridique. Jennifer a été incarcérée après avoir poignardé son violeur dans la rue. La peine prononcée à son encontre : 5 ans d’emprisonnement dont 3 fermes, et près de 10 000€ d’indemnités à payer.
Le message du tribunal est clair : c’est pas si grave si vous êtes violées, l’essentiel est que vous ne réagissiez surtout pas.
En juin 2020, un homme viole Jennifer. Elle fait du travail du sexe, il lui demande une prestation, elle refuse. Il la frappe, la menace, la viole. Il lui vole ses affaires, son argent, son téléphone. Quelques jours plus tard, elle le reconnait dans la rue. Elle crie « c’est lui qui m’a violée » et s’en suit une bagarre à coups de couteaux, à la fin de laquelle le pronostic vital de l’homme est engagé. Alors que l’agresseur prétend que Jennifer l’aurait attaqué pour de l’argent, les témoins corroborent la version de Jennifer. Dans les faits, les téléphones de Jennifer et de l’agresseur ont été…
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Auteur: IAATA

