C’est une question que l’on nous pose régulièrement, que cela soit par mail, sur les réseaux sociaux ou durant nos événements publics. “Êtes-vous anarchistes ?” “Pourquoi n’assumez-vous pas d’être communistes ?”, “Comment doit-on se définir ?”. Dans un premier temps, ce genre de questions déclenche chez nous une certaine réserve : pourquoi devoir forcément se coller une étiquette ? “Anticapitaliste”, entre autres caractéristiques de notre ligne, nous semble déjà suffisamment ambitieux à défendre. De plus, nous ne sommes qu’un média d’opinion qui représente une diversité de positions et de points de vue dans la lutte. Vouloir à tout prix se définir, choisir son camp, ses symboles, son auteur fétiche (et ensuite dire fièrement “je suis marxiste”, “je suis léniniste”, “je suis anarcho-libertaire tendance Makhno”) contribue pas mal à faire des militants de gauche radicale des ovni complets. Or, pour toucher son entourage et rassembler sa classe sociale, il faut rester accessible, accueillant, donc ouvert et non-dogmatique. Pour autant, dans cette même perspective, il est important d’être capable d’affirmer sa position, de laisser entrevoir la société pour laquelle on se bat. Cela ne suffit évidemment pas : à de nombreuses reprises nous avons souligné à quelle point les questions de stratégie (comment établir un rapport de force, comment prendre la main sur le débat public ?) et d’organisation (quel syndicat, quelles organisations pourront permettre de mettre le plus de monde possible en mouvement ?) sont essentielles pour avancer. Mais celle de la perspective défendue l’est également : ce n’est pas qu’un détail sémantique. Alors, comment se nommer ? Et surtout pour défendre quoi ?
“De gauche”, “vraiment de gauche”, “bien de gauche”
Le plus souvent, dans les conversations ordinaires, c’est l’expression “de gauche” qui va être employée, mais sans…
Auteur: Nicolas Framont

