Le 11 janvier dernier, Complément d’Enquête diffusait l’interview anonyme d’un multipropriétaire de locations saisonnières à Marseille, dans le cadre d’une émission consacrée à la spéculation immobilière liée au tourisme et aux niches fiscales accordées aux plateformes numériques de type Airbnb. On y voit un propriétaire satisfait de lui-même, s’affirmant tout haut en « flagrant délit d’illégalité », c’est-à-dire sans le moindre respect des réglementations ou de la compensation des logements pris aux Marseillais.
Depuis décembre 2020, Vincent Challier, chirurgien à Périgueux, a en effet acquis un immeuble entier au 30 rue Thiers, dans le 1er arrondissement, après en avoir fait expulser plusieurs personnes et familles en plein hiver, en prétextant même un faux « arrêté de péril » au départ. En 2022, après des travaux et avoir découpé tous les appartements, Vincent Challier convertit la « Niche » en « espace de coliving », soit 14 chambres partageant des espaces communs, dans un espace rentabilisé au maximum. Pour bénéficier des niches fiscales, il les place en locations saisonnières sur Booking ou Airbnb.
Les dessous du Complément d’enquête
Devant l’explosion des annonces Airbnb dans le quartier et l’incessante valse de valises à roulette en bas de l’immeuble, des voisin.e.s et collectifs du quartier sonnent vite l’alerte. Au printemps 2023, la Niche est identifiée parmi bien d’autres dans ce processus d’accaparement immobilier, aux frontières de la légalité.
Des stickers et des messages s’affichent sur la vitrine, des recherches au cadastre, sur les plateformes et les registres commerciaux, enfin le témoignage d’anciens expulsés, conduisent les collectifs d’habitant.e.s à rédiger une fiche très détaillée, placardée sur les façades du quartier, et envoyée six mois plus tard à Complément d’enquête : un notable bien au chaud, résidant loin…
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