« En quelques mois, elle s’est fait une armée d’ennemis, mais pour certains, elle est un modèle. » Dès les premiers mots de son reportage, Tristan Waleckx pose une problématique binaire, caricaturale et dépolitisante, centrée sur la personnalité de Rima Hassan : on l’aime ou on la hait. D’ailleurs, « l’étoile montante des Insoumis partage avec Jean-Luc Mélenchon » de nombreuses choses, poursuit le présentateur. Des combats et des valeurs politiques ? Non : « Le goût du clash, de la provoc, et du rapport de forces. » Voilà une enquête de fond qui s’annonce. Son titre donne le ton : « Keffieh, tweets et polémiques : la méthode Rima Hassan ».
Hiérarchie de l’info
Le lancement « plateau » du reportage donne d’emblée une information importante, sans toutefois s’y arrêter : « Elle est aujourd’hui la politique la plus poursuivie de France. Rima Hassan n’a jamais été condamnée, mais en deux ans, elle a été visée par 22 procédures judiciaires » – on apprendra plus tard dans le reportage que 16 de ces procédures sont déjà classées. De quoi conduire le présentateur à s’interroger sur le « harcèlement judiciaire et politique » subi par l’eurodéputée, comme l’ont récemment fait 5 rapporteurs indépendants de l’ONU dans un courrier au gouvernement français ? Non : là n’est pas le sujet ! Au contraire, Waleckx diffuse, en teasing, et afin d’illustrer son lancement sur « la politique la plus poursuivie de France », 5 secondes d’une interview fracassante de François-Xavier Bellamy (LR), qui se dit « menacé de mort » par Rima Hassan (sa plainte a été classée sans suite), précédées par la lecture de quelques bouts de tweets.
Puis, Waleckx évoque enfin dans son lancement la véritable révélation contenue dans son reportage : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez aurait lui-même participé à la propagation de la fake…
Auteur: Jérémie Younes
