Comprendre Balzac grâce au jeu de rôle « Donjons et Dragons »

Entre le célèbre jeu de rôle et la méthode de l’auteur de *la Comédie humaine*, des points communs surprenants. Louis-Auguste Bisson/Canva, CC BY-SA

On pourrait croire que l’originalité découle d’une liberté sans limites, mais le célèbre jeu de rôle Donjons et Dragons suggère le contraire. Il propose, à partir d’un petit nombre de facteurs à combiner, de créer des personnages qui semblent infiniment distincts. Un « paladin demi-elfe » est certes un type de personnage immédiatement reconnaissable, mais aucun « paladin demi-elfe » ne ressemble à un autre qu’une fois le jeu commencé. Dans ce jeu, l’identité ne se crée pas en échappant à la structure, mais en la travaillant ; il en va de même pour les personnages conçus par Balzac dans sa Comédie humaine.


Cela peut sembler surprenant de prime abord, mais les lecteurs du XIXᵉ siècle ont découvert un système très similaire à celui du jeu de rôle Donjons et Dragons dans les romans du romancier français Honoré de Balzac. Son vaste projet littéraire, la Comédie humaine (1829-1848), est construit sur un répertoire limité de « types » sociaux qui deviennent des personnages récurrents à travers près de cent romans et nouvelles.

On y trouve des nouveaux venus provinciaux arrivant à Paris (le Père Goriot, 1835), des ambitieux cherchant à gravir rapidement les échelons sociaux, des journalistes prêts à troquer leurs principes contre de l’influence (Illusions perdues, 1837-1843), des dandys dont l’élégance masque l’insécurité (Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847), des courtisanes manœuvrant le pouvoir par l’intimité (La Cousine Bette, 1846), des spéculateurs motivés par le risque (la Maison Nucingen, 1837), et de nombreuses « femmes de trente ans » cherchant à sortir de la monotonie provinciale (la Muse du département, 1843). Ces figures sont immédiatement lisibles, mais les personnages qui en émergent semblent…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Harsh Trivedi, Teaching Associate French, School of Languages, Arts and Societies., University of Sheffield

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com