Comprendre le succès de l’extrême droite chilienne

Longtemps, le Chili fut la grande affaire de la gauche française. C’était au temps d’Augusto Pinochet, quand le plus épouvantable des dictateurs latino-américains (la concurrence était rude avec l’Argentin Videla) avait installé son pouvoir sur la dépouille de l’héroïque Salvador Allende, avant de torturer et d’assassiner quiconque ressemblait à un démocrate. On croyait cette époque révolue. Et voilà que l’élection présidentielle du 16 novembre place en position de grand favori pour le second tour un homme qui se réclame fièrement de l’héritage du défunt tortionnaire.

José Antonio Kast coche toutes les cases du parfait facho : fils de nazi, admirateur de Pinochet, ultralibéral en économie, ultraconservateur sur les questions sociétales, opposé à l’avortement même en cas de viol, partisan de la vente d’armes et de la loi du talion, férocement anti-immigrés… j’en passe et des pires.

Tel est l’homme qui talonne la sociale-démocrate sous étiquette communiste Jeannette Jara. Le report des voix de deux candidats de droite et également d’extrême droite (un autre fils d’immigré allemand !) devrait lui assurer le 14 décembre une confortable victoire. Cette situation est saturée de symboles. On en retient ce qu’on savait déjà : la mémoire est un vaccin dont l’effet s’use vite. Elle est peu de chose contre la propagande et une réalité cyniquement exploitée.


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Par-delà les frontières et les océans, le ressort des extrêmes droites est toujours le même : la peur. Peur d’une criminalité en effet en hausse dans un pays où pourtant elle reste faible. Peur d’une immigration que les démagogues amalgament à…

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Auteur: Denis Sieffert

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