Dans cet article, écrit spécialement pour Contretemps, Alex Callinicos met en perspective la théorisation de l’économie d’armement permanente par l’économiste marxiste Michael Kidron, dont nous publions également l’article de référence sur le sujet, inédit jusqu’à présent en français.
Callinicos, théoricien marxiste et figure du courant – le Socialist Workers Party britannique – dans lequel Kidron a longtemps milité, éclaire la trajectoire d’ensemble de l’auteur et revient sur le débat qu’elle a suscité. Il souligne l’originalité de son approche, sa volonté de rompre avec le schématisme qui a longtemps marqué les approches marxistes dominantes tout en pointant certaines de ses faiblesses.
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Le capitalisme et la guerre ont toujours été profondément liés. Max Weber a souligné le rôle important que le financement des guerres des États européens a joué dans le développement du capitalisme moderne.[1] Ce lien est toujours aussi fort aujourd’hui. Alors que les illusions de la mondialisation néolibérale se sont dissipées, nous nous trouvons dans une nouvelle ère de concurrence inter-impérialiste. La guerre par procuration menée par l’OTAN contre la Russie en Ukraine n’est que le premier round d’un conflit qui se développe entre l’hégémon en déclin, les États-Unis, et son plus sérieux challenger, la Chine.[2] Les dénonciations par Donald Trump des « guerres éternelles » menées par ses prédécesseurs n’ont pas empêché les commissions du Congrès étatsunien d’élaborer des propositions pour un budget de défense à hauteur d’un trillion de dollars pour l’exercice 2026.[3]
Le marxisme et l’économie de guerre
La première période des guerres inter-impérialistes, entre 1914 et 1945, a vu des marxistes de l’envergure de Rosa Luxemburg, Nikolaï Boukharine et Henryk Grossman tenter de déchiffrer la relation entre militarisme et accumulation du capital….
Auteur: redaction

