La complexité croissante des défis environnementaux (dérèglement climatique, transition écologique), sanitaires (pandémie inédite) et des changements sociétaux induits par l’évolution de technologies disruptives (intelligence artificielle, réalité augmentée) implique toujours plus la sphère scientifique dans la gouvernance internationale, en fournissant de l’expertise basée sur des preuves scientifiques pour instruire les décisions de politiques publiques.
L’idée de développer une « diplomatie scientifique » a ainsi fait son chemin. Une définition consensuelle de ce concept émerge en 2010 à la Conférence de la Royal Society britannique et de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS). Elle met en avant le principe de coopération internationale : « La diplomatie scientifique est l’utilisation des interactions scientifiques entre les États pour résoudre les problèmes communs auxquels l’humanité est confrontée et pour établir des partenariats internationaux constructifs, fondés sur la connaissance. »
Cette définition, très large, donne lieu à deux acceptions de ce concept.
Deux idées de la diplomatie scientifique
La première de ces deux visions se construit dans un « nationalisme méthodologique ». De ce point de vue, la diplomatie scientifique est, pour chaque État, avant tout une projection de son « soft power », un élément qui participe à promouvoir l’intérêt national et un moyen de favoriser la participation de sa communauté scientifique aux coopérations transnationales.
Lorsqu’un pays utilise la diplomatie scientifique en mettant en avant ses propres avancées scientifiques, il considère la coopération scientifique internationale comme un moyen de renforcer son pouvoir d’attractivité et de promouvoir ses intérêts nationaux tout en contribuant au progrès scientifique mondial. Cela lui confère une influence accrue sur la scène internationale et…
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Auteur: Marielle Payaud, Professeur des Universités, Agence Universitaire de la Francophonie (AUF)

