Dans un contexte de changement climatique et de sécheresse accrue, améliorer l’utilisation de l’eau pour l’agriculture est une priorité pour les autorités publiques chargées de la gestion de cette ressource.
Aujourd’hui 70 % de l’eau douce dans le monde est utilisée pour l’agriculture, et d’ici 2050, nourrir 9 milliards de personnes nécessitera une augmentation de 50 % de la production agricole et de 15 % des prélèvements d’eau consacrés à l’agriculture. En France aussi, l’usage de l’eau en agriculture est source de tensions.
Les compteurs d’eau communicants, intelligents ou connectés (par opposition aux compteurs mécaniques) apparaissent comme une opportunité pour mieux gérer cet usage dans l’agriculture, mais seulement 5 % des agriculteurs les utilisent aujourd’hui. Dès lors, comment généraliser leur utilisation ? Des incitations peuvent-elles être mises en place pour favoriser leur adoption ?
Compteurs communicants : qu’est-ce que c’est ?
Les compteurs d’eau intelligents sont des appareils connectés qui peuvent stocker et transmettre des données individuelles sur la consommation d’eau à une fréquence élevée. Ils sont généralement connectés à une plate-forme en ligne permettant un accès facile aux données collectées. Ils enregistrent des informations sur la consommation d’eau, en temps quasi réel, et permettent une communication entre le compteur et un système central (dans le cas présent, le gestionnaire local de l’eau). Dans les régions où les agriculteurs sont équipés de compteurs d’eau intelligents, cela facilite le travail des gestionnaires des ressources en eau qui peuvent ainsi mieux anticiper les besoins et mieux planifier les lâchers d’eau (évacuation contrôlée d’une fraction d’eau d’un barrage) par exemple.
Cependant, moins de 5 % des agriculteurs français disposent d’un compteur intelligent. Il s’agit d’une technologie encore…
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Auteur: Raphaële Preget, Chercheure en économie de l’environnement, Inrae

