Camaraderies sauvages
20 Juillet 2022. Pendant les méga-feux désormais habituels qui ponctuent chacun de nos étés radieux, le site du Média autonome et engagé « Contre Attaque » (anciennement « Nantes Révoltée ») publie cette citation de la parfois pythonisse Marguerite Duras, extraite d’un entretien publié deux mois après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986, et qui avait déjà resurgi en 2020, au moment des grands incendies d’Australie :
« Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l’histoire du futur. On leur dirait qu’on a découvert des feux, des brasiers, des fusions, que l’homme avait allumés et qu’il était incapable d’arrêter. Que c’était comme ça, qu’il y avait des sortes d’incendie qu’on ne pouvait plus arrêter du tout. Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne. »
En 2024, le groupe Aquaserge en a tiré les paroles de la chanson « Incendies », publiée sur l’album « La fin de l’économie », et dont le premier titre, « Le saut du tigre » est une allusion à la célèbre définition de la révolution comme remémoration et « saut du tigre dans le passé » de Walter Benjamin.
Du collectif Aquaserge, on peut donc dire qu’il nous remémore les éternels entremêlements de la musique populaire et de la musique savante, reprenant par exemple la pièce de jeunesse d’Edgard Varèse, « Un grand sommeil noir », adapté d’un poème de Verlaine, ou traduisant à la française le « N.I.O. » de Robert Wyatt (extrait de son cinquième album studio « Dondestan ») dans leur dernier EP, « New Information Order ». Leur cinquième album, « The Possibility of a New Work for Aquaserge », s’était même emparé d’œuvres de jeunesse de figures tutélaires de la musique contemporaine du XXe siècle, comme Giacinto Scelsi, György Ligeti,…
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