La désignation du prochain pape est un processus complexe dont l’issue indiquera la voie que l’Église suivra au cours des prochaines années : celle tracée par François, qui conférait notamment une large place à des sujets jusqu’alors peu traités par le Vatican, comme la protection de l’environnement, ou un retour à une position plus traditionnelle.
Le conclave qui vient de s’ouvrir, ce 7 mai, pour désigner le nouveau pape de l’Église romaine devra résoudre cette quadrature du cercle : quel homme pour quelle Église, et quelle Église pour quel monde ?
Devant la complexité apparente du meilleur « choix », on comprend que les 133 cardinaux amenés à choisir l’un des leurs pour prendre (aussi) la tête du Vatican invoquent l’Esprit saint avant d’entrer dans la chapelle Sixtine où, de façon anonyme, ils coucheront un nom sur le papier jusqu’à ce que l’un d’entre eux se dégage et obtienne en quelques scrutins (quatre tours par jour) les voix du quorum canonique.
Dans le sillage du conclave, des catholiques du monde entier ont développé des réseaux de prière visant à optimiser les décisions cardinalices, accompagnés désormais par des applications ad hoc qui ont beaucoup de succès.
Ouverture
Aussi, ce temps paré de rituels immémoriaux – quoique les historiens en relativisent la continuité – est à la fois très festif, très populaire, mais aussi presque dramatique : la pression des médias, qui le couvrent avec grand sérieux, lui donne une forme de vérité définitive, qui a fini par amplifier son enjeu et le rendre planétaire.
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Les profils des « papabiles » – une vingtaine – sont scrutés à la loupe dans les…
Auteur: Blandine Chelini-Pont, Professeur des Universités en histoire contemporaine et relations internationales, Aix-Marseille Université (AMU)

