François II ? Benoît XVII ? Léon XIV ?… Le choix du nom d’un pape est l’un des symboles du début d’un pontificat. Une fois désigné par les cardinaux électeurs, le nouvel évêque de Rome doit répondre à la traditionnelle question du doyen des cardinaux : « De quel nom voulez-vous être appelé ? » Maintenant chef de l’Église catholique, c’est à lui seul que revient le choix de ce nom, qui le désignera tout au long de son pontificat.
Dans la Bible, changer de nom marque en général une conversion, un nouveau rôle ou une mission donnée par Dieu. Dans l’Ancien Testament, Abram reçoit de Dieu son nouveau prénom : Abraham, « le père de tous ». Dans le Nouveau Testament, l’Apôtre Simon est ainsi renommé Pierre par Jésus qui lui dit, selon les Évangiles : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »
Une coutume qui remonterait au Ve siècle
À partir du IIIe siècle dans la tradition monastique se développe la tradition d’adopter un nom religieux. En revanche, à cette époque, les premiers papes semblent avoir conservé leur véritable nom, mais rien ne permet de l’affirmer avec certitude en raison de la rareté des sources disponibles.
Le changement débute au Ve siècle. Jean II, qui se serait à l’origine appelé Mercure, change alors de prénom pour marquer sa foi – troquant un nom païen pour un nom chrétien. Geste symbolique à l’époque, cette tradition ne s’établit ensuite véritablement qu’à partir du Xe siècle. En 955, Octavien devient pape sous le nom de Jean XII, et en 983, un certain Pierre Campanora adopte le nom de Jean XIV, pour ne pas porter ombrage à saint…
Auteur: Charlotte de Frémont

