Autrefois, pour annoncer l’élection du pape, le dernier des cardinaux-diacres ouvrait une petite fenêtre de l’endroit où les cardinaux étaient réunis pour annoncer l’habemus papam. On pouvait alors procéder à la libération des cardinaux jusque-là enfermés.
À partir du XIXe siècle, est apparu le rituel de la fumée permettant d’annoncer l’élection : noire, le vote n’a pas été concluant. Blanche, le pape est élu ! Si les cardinaux votent normalement deux fois le matin et autant l’après-midi pendant un conclave, la fumée n’est émise qu’une fois toutes les demi-journées.
Cette méthode, riche en symboles, permet de répondre à une double problématique. Tout d’abord, elle permet de se débarrasser des bulletins de vote des cardinaux, évitant toute « fuite » du détail des votes. Ensuite, elle permet de donner le résultat directement au peuple massé pour connaître le nom du futur pape.
Fumée blanche, fumée noire… Ou grise
À l’époque, l’élection se déroule dans le palais du Quirinal, devenu depuis le siège de la présidence italienne. Mais l’idée a été conservée lorsque les conclaves ont été réunis dans la chapelle Sixtine à partir de 1878. Pour l’occasion, un poêle est installé dans la pièce aux voûtes peintes par Michel-Ange et une cheminée sur le toit. C’est pour cela que, hors des périodes de conclave, il n’est pas possible de voir la fameuse cheminée depuis la place Saint Pierre.
Pour que la fumée soit noire, les bulletins de vote sont brûlés, tandis que de la paille mouillée y est ajoutée pour produire le signal blanc. Mais le procédé est rudimentaire et plutôt aléatoire… En réalité, la fumée est le plus souvent grise, évolue d’une couleur à l’autre avant de prendre sa teinte définitive. À partir de 1958, les cardinaux ont ajouté des produits chimiques pour que la couleur soit bien plus lisible pour les fidèles et les médias…
Auteur: Nicolas Senèze et Xavier Le Normand

