Condamnation de Nicolas Bedos : le « tribunal médiatique » à géométrie variable

Le 22 octobre 2024, le tribunal judiciaire de Paris a condamné un homme à un an de prison, dont six mois avec sursis, pour deux agressions sexuelles. Jusqu’ici, rien de surprenant : en France, une agression sexuelle commise sous l’emprise d’alcool est passible de sept ans de prison et de 100 000 € d’amende. Rien de surprenant, sauf quand l’homme s’appelle Nicolas Bedos. Là alors, les réseaux sociaux, les ondes radio et les plateaux télé s’enflamment. Les avocats, journalistes et artistes qui manifestent leur soutien au réalisateur semblent découvrir le code pénal.

« Pour un baiser dans le cou et une main posée deux secondes sur un jean, on se trouve condamné à porter un bracelet électronique pendant six mois », répétait l’avocate de la défense à chaque micro tendu après le délibéré. Une minimisation des faits reprochés à Nicolas Bedos reprise immédiatement à leur compte par Pascal Praud et autres éditorialistes, sans remise en question ni prudence journalistique.

De quelle peine moins lourde un homme qui a agressé sexuellement plusieurs femmes aurait-il dû écoper ?

Pourtant, Bedos n’est pas accusé d’avoir malencontreusement effleuré une fois le corps d’une femme. Il a été reconnu coupable d’avoir, par surprise, touché le sexe d’une inconnue à travers ses vêtements, et d’avoir saisi le corps d’une autre pour lui imposer un baiser sans consentement. La plaignante n’est pas la seule à dénoncer ces comportements délictueux : deux autres femmes se sont portées parties civiles, et six ont témoigné auprès de Mediapart. Deux enquêtes – dont une pour viol – ont été ouvertes puis classées sans suite, car les faits sont prescrits. Combien d’autres n’ont pas su, n’ont pas pu, n’ont pas voulu parler ?


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Auteur: Salomé Dionisi

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