La justice malienne a condamné vendredi 5 juin un agent des renseignements français sous statut diplomatique, en détention depuis près de 10 mois à Bamako, à vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », Paris dénonçant des « accusations sans fondement ».
Le Français, arrêté en août 2025 et alors accusé de conspiration contre les institutions du pays sahélien, dirigé par une junte en rupture avec la France, est en outre frappé de 20 ans d’interdiction de séjour au Mali et doit payer une amende de 5 400 €, a indiqué une source judiciaire, confirmée par deux autres sources judiciaires.
Le procès a eu lieu jeudi devant la chambre criminelle du pôle spécialisé de lutte contre le terrorisme et le jugement a été annoncé vendredi, selon les mêmes sources, qui se sont exprimées de manière anonyme pour des raisons de sécurité. L’une d’elles a indiqué que le procès s’est tenu à huis clos.
Le Français, identifié comme Yann V., avait été interpellé le 13 août 2025 lors d’une opération menée par la Sécurité d’État (SE), les services de renseignement maliens. Officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako, l’officier français avait été arrêté en compagnie de plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMa). Ces derniers, radiés depuis, n’ont toujours pas été jugés. Ils sont accusés d’avoir mis en place un réseau d’espionnage et de complot visant à déstabiliser les institutions de la transition malienne en vue de perpétrer un coup d’État.
Le ministère français des affaires étrangères avait à l’époque dénoncé des « accusations sans fondement » et demandé la « libération sans délai » de son ressortissant. En réponse à l’arrestation de son agent, la France avait aussi, les jours suivants, suspendu sa coopération antiterroriste avec le Mali et sommé deux diplomates maliens de…
Auteur: La Croix (avec AFP)

