Poitiers (Vienne), reportage
Les tracteurs de la Confédération paysanne, très applaudis, ont déboulé sur les coups de midi sous un soleil de plomb. Mercredi 27 mai, quelque 200 personnes se sont réunies dans le parc situé en face du palais de justice de Poitiers (Vienne), dont les grilles avaient été décorées de banderoles clamant « No Bassaran ! » ou encore « Eau = bien commun ». Le but de ce rassemblement qui a mêlé prises de parole, moments festifs et « kebab paysan » à prix libre : apporter du soutien à quatre militants écologistes et syndicalistes jugés en appel pour « organisation de manifestation illégale ».
La manifestation en question est celle du 25 mars 2023 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), qui avait mobilisé à l’époque 30 000 personnes contre la construction d’une mégabassine et rencontré une répression sans précédent — 200 manifestants avaient été blessés par la gendarmerie, dont certains grièvement.
En janvier 2024, les prévenus avaient écopé en première instance de peines allant de 1 000 euros d’amende à un an de prison avec sursis, le tout assorti pour trois d’entre eux d’interdictions de paraître sur certains territoires.
Pour cette procédure en appel, outre toujours les interdictions de paraître, le ministère public a requis six mois de prison avec sursis à l’encontre de Julien Le Guet, co-porte-parole de Bassines non merci, trois mois de prison avec sursis pour Benoît Feuillu, co-porte-parole des Soulèvements de la Terre, et 1 000 euros d’amende pour Benoît Jaunet et Nicolas Girod de la Confédération paysanne.
« Je n’ai fait que mon travail de paysan syndicaliste engagé »
Les prévenus ont tous opté pour la même ligne de défense durant l’audience : ne pas répondre aux questions de la cour. Lors de déclarations liminaires, tous ont cependant rappelé leur combat contre les mégabassines et pour une autre agriculture en ces…
Auteur: Amélie Quentel

