Alors que les délégués affluaient sur les quais du port Lympia, entre les yachts amarrés et les tentes dressées pour accueillir les discussions, ce chiffre alarmant a jeté un froid sur la troisième journée du sommet onusien. La surpêche, le changement climatique et la faiblesse des systèmes de gestion pèsent de plus en plus lourd sur la santé des mers.
Le nouveau rapport, présenté lors d’une conférence de presse par le biologiste Manuel Barange, Sous-directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dresse un tableau sans fard : les océans s’épuisent à force d’être ponctionnés. « Pour le dire en des termes financiers », confie-t-il dans un entretien avec ONU Info, « nous retirons plus que les intérêts : nous attaquons le capital ».
Intitulée « État des ressources marines halieutiques mondiales 2025 », l’étude de la FAO s’appuie sur l’analyse de 2.570 stocks de poissons — un échantillon d’une ampleur inédite. Le constat est nuancé : si plus d’un tiers des stocks sont en situation critique, 77 % des poissons consommés dans le monde proviennent encore de pêcheries bien gérées, preuve que des politiques efficaces peuvent porter leurs fruits.
« Quand la gestion est rigoureuse, ça fonctionne », martèle M. Barange. « On sait comment reconstituer les populations ».
Des disparités régionales profondes
Mais l’état des océans dessine une géographie à deux vitesses. Sur la côte pacifique des États-Unis et du Canada, plus de 90 % des stocks sont exploités durablement. En Australie et en Nouvelle-Zélande, la proportion dépasse 85 %. L’Antarctique, soumis à un régime international strict, affiche même une durabilité intégrale.
Ailleurs, le tableau est plus sombre. Le long des côtes nord-ouest de l’Afrique, du Maroc au golfe de Guinée, plus de la moitié des stocks sont surexploités. En Méditerranée et en mer Noire, la situation…
Auteur: Nations Unies FR

