« Regarder la réalité en face, c’est peut-être cela le principe moteur de la transformation. » En ouvrant l’assemblée de la Conférence des religieuses et religieux de France (Corref) qui s’est déroulée à Lourdes du 21 au 25 novembre, sœur Véronique Margron a invité à un large regard sur l’état de la vie religieuse aujourd’hui. « Regarder la réalité », a rappelé la présidente de la Corref, avait été une étape douloureuse et essentielle dans la lutte contre les abus de conscience et agressions sexuelles. Dans une même dynamique, c’est l’avenir des congrégations fragiles qui était notamment abordé ainsi que, plus généralement, la place de la vie religieuse dans la société actuelle.
« Être sur un chemin de transformation, c’est consentir à ce que des choses auxquelles légitimement nous tenons meurent », insistait sœur Véronique Margron. S’il y a quelques années les congrégations fragilisées cherchaient par tous les moyens à survivre, elles sont entrées aujourd’hui dans une forme d’acceptation qui autorise des initiatives originales, telles que le rapprochement entre instituts, la transmission du charisme à des laïcs, un nouvel équilibre Nord-Sud. Jusqu’à parler « d’un chemin d’accomplissement », un euphémisme qui dit aussi le consentement au vœu de pauvreté jusqu’à ne plus exister. « Nous allons mourir, mais nous voulons mourir vivantes », confiait une sœur dont la communauté ne tardera pas à disparaître.
Si la réflexion de fond était menée notamment avec l’intervention du théologien jésuite Christoph Theoblad à propos d’une « Église qui se fissure » ou encore la sœur xavière Agata Zielinski évoquant les vœux religieux, c’est aussi des expériences très concrètes qui étaient présentées durant cette semaine. Sœur Avril O’Regan, supérieure générale des sœurs de la Retraite, n’hésitait pas à dévoiler l’équation : il y a six…
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Auteur: Christophe Henning, de notre envoyé spécial à Lourdes

